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Ce qui se passe chez celui qui gère ses savoirs, et pourquoi l'outil n'est presque jamais le problème.
ExplorationCognition & savoirs
Ce que ça permet d'analyser
Reprenez un livre lu il y a quelques mois. Quel pourcentage de ce qui comptait avez-vous gardé ? Dix pour cent serait généreux, et devant une bibliothèque entière, le chiffre empire.
Le problème du vingtième siècle était de trouver l'information. Le nôtre est l'inverse, et nous employons encore les méthodes bâties pour l'ancien. La réponse habituelle consiste à mieux trier et mieux ranger, et il existe désormais une industrie entière d'outils pour cela.
Ce projet pose une autre question. Non pas quelle application choisir, mais ce qui se passe chez la personne qui l'utilise. Pourquoi elle passe plus de temps à configurer son système qu'à y écrire. Pourquoi les notes de l'un se cumulent en expertise quand celles de l'autre s'entassent en cimetière. Pourquoi une méthode qui marche pour un collègue s'effondre entre vos mains en quinze jours.
Où en est le modèle
C'est une exploration, pas un outil achevé. Ce qui s'est dessiné jusqu'ici suit deux lignes.
Un cycle en trois mouvements. Capturer fidèlement, transformer en notes atomiques reliables, et produire quelque chose. Le troisième mouvement est celui que la plupart des systèmes escamotent, et l'escamoter est précisément ce qui transforme un système de savoirs en entrepôt.
Des archétypes comme masques de travail. Le Geek, absorbé par la configuration. Le Jardinier, qui récolte sans organiser. L'Architecte, qui bâtit des structures et planifie son travail. Le geste utile ne consiste pas à demander à quelqu'un de devenir une autre personne, mais à l'inviter à porter un autre masque un moment : l'Architecte quand les notes réclament une structure, le Jardinier quand les idées demandent à être récoltées. L'identification étant contextuelle, elle peut s'emprunter.
Ces deux lignes s'appuient surla Matrice de l'Expérience : une pratique de gestion des savoirs qui s'enlise est en général un cas d'espaces désaccordés, où ce que la personne sait devoir faire et ce à quoi elle s'identifie se sont séparés.
Comment il se modélise
L'observation vient d'un champ encombré de méthodes qui fonctionnent pour leur auteur et presque pour personne d'autre. Ce constat est en soi une information : quand une pratique se transfère mal, c'est en général que la partie qui compte n'a pas été décrite.
Ce travail a été présenté au premier sommet européen du PKM à Utrecht en 2024, puis en 2025 avec un cas travaillé : une personne qui passait sans cesse d'une application à l'autre, toujours à trois semaines du système parfait. Son problème n'était pas les applications. Présenter cela devant des spécialistes qui connaissaient les outils bien mieux que n'importe quelle démarche de modélisation a servi d'épreuve : l'analyse devait tenir seule, sans emprunter son autorité à son champ d'origine.
Ce qui reste ouvert : si les archétypes sont trois ou davantage, si le cycle tient hors du travail écrit, et ce qui distingue un système de savoirs qui capitalise d'un système qui se contente de grossir. C'est pourquoi cette page porte la mention Exploration et non Outil.
Aller plus loin
Une implémentation avec Obsidian existe, accompagnée de matériel de formation. Des articles sur le sujet paraissent dans les articles.
Origines
La pratique de notes reliées doit sa forme à la tradition Zettelkasten, adaptée plutôt que reproduite. La lecture de ce qui se passe chez le praticien vient du travail de modélisation qui a produit la Matrice de l'Expérience.
Modèles liés
La Matrice de l'Expériencefournit la grille de lecture que ce projet applique à un champ particulier.